avril 24, 2019

Le spleen post-partum, on ose en parler ?

Le spleen post-partum, on ose en parler ?

 

Aujourd'hui, on se lance sur un sujet sensible : le spleen post-partum. Nos trois amies étaient un peu réservées, car aucune n'a encore eu d'enfant et elles appréhendaient d'en parler à leurs copines ayant déjà goûté aux joies de l'enfantement ! Ça reste encore un sujet peu abordé, limite tabou.

Comme Louise était occupée sur une autre enquête, on a chargé Julie de nous faire un exposé pour qu'on sache bien de quoi on parle.

Le baby blues

Julie "Moi qui suis naturellement une battante, je ne me suis jamais vraiment intéressée aux problèmes de dépression et autres coups de blues. La première chose que j'ai découverte, c'est que le spleen post-partum est souvent précédé du baby blues ! Ce dernier étant la version light du premier.

On appelle le baby blues le "syndrome du troisième jour", le jour de référence étant celui de l'accouchement. En général, la mère est anxieuse, vulnérable, parfois irritable, souvent sujette aux sautes d'humeur.

J'ai déjà pu souvent le constater chez des amies. Il faut dire que le corps subit des changements physiologiques et hormonaux spectaculaires. Ajoutez à cela le stress et le manque de sommeil, et vous comprenez mieux pourquoi votre copine est à fleur de peau. S'il y a bien une période où il faut faire preuve de diplomatie et faire très attention à ce que l'on dit, c'est bien dans les premiers jours après l'accouchement.

Le baby blues touche 80% des femmes et normalement, il ne dure que quelques heures ou quelques jours, au maximum quinze. Au-delà, si les symptômes de n'estompent pas naturellement, c'est que vous êtes en bonne voie pour développer un spleen post-partum."

Bébé-et-maman-baby-blues

Le spleen post-partum

"Le spleen post-partum apparaît à n'importe quel moment pendant l'année qui suit l'accouchement, mais le plus fréquemment, dans les trois mois qui ont suivi l'accouchement.

Cette dépression est depuis longtemps étudiée par les médecins et les psychiatres et tous sont d'accord pour dire que les origines du spleen post-partum sont multiples, c'est une combinaison de divers facteurs qui le déclenche.

Heureusement que les statistiques sont moins impressionnantes que pour le baby blues. Ce ne sont que 7% des mères qui développent une dépression post natale sévère. Il y en a tout de même 19% qui font une dépression plus légère.

Le spleen s'explique par les changements de vie, de rythme, de responsabilités, et puis il y a les changements physiques. Les femmes qui en souffrent se sentent nulles, dépassées… Leur vie est totalement déséquilibrée et elles trouvent tout désagréable.

Je passe le clavier à Jade qui est partie à la pêche aux témoignages.

Le spleen post-partum, un sujet tabou ?

Jade : "Dire que c'est un sujet tabou est très exagéré, mais j'ai quand même bien galéré pour aborder le sujet. Je me suis rendu compte que celles qui en ont le plus souffert sont celles qui en savaient le moins sur le sujet, d'où l'intérêt de se documenter. Les filles qui avaient déjà lu ou côtoyé des mères sujettes à la dépression post natale, comprennent ce qui leur arrive le jour où elles sentent un énorme coup de mou. Elles sont capables d'en parler à leur entourage et de demander de l'aide extérieure. Ces filles-là parlent très volontiers de leur dépression, car elles en ont compris l'origine et savent qu'il n'y a pas de honte à avoir.

En revanche, les filles qui n'en savent que peu ou pas du tout sur le spleen post-partum sont frappées de plein fouet quand ça leur arrive et sont incapables de faire face. Elles s'appuient sur leur logique, sans prendre en compte tous les bouleversements que leur vie vient de traverser.

C'est une dépression particulièrement traître, car la mère qui est touchée culpabilise totalement. Elle se dit qu'elle devrait être la plus heureuse des femmes alors qu'elle ne pense qu'à dormir ou pleurer ! Du coup, elle entre dans un cercle vicieux qui l'entraîne toujours plus bas. Il est extrêmement délicat d'aborder le sujet avec ce genre de filles. Elles vivent dans la honte, considérant la dépression comme une faiblesse.

J'en ai rencontré trois sur ce modèle. La première était dans le déni total alors que je la connais bien et que je la côtoyais déjà il y a cinq ans lorsqu'elle a eu sa fille. Je me souviens qu'elle était anéantie, comme sidérée, incapable de se bouger et de se reprendre en main. Et aujourd'hui, elle a tout oublié ! Le déni, quoi !

spleen-post-partum-dépression-photo

Pour les deux autres, elles ont bien voulu m'en parler, mais en privé et du bout des lèvres. On voit que c'est une maladie violente qui laisse des cicatrices si elle n'a pas été bien traitée.

J'ai aussi remarqué que les filles qui étaient anxieuses, voire un peu dépressives, pendant la grossesse sont des sujets ultra sensibles. Ce sont les clientes type pour un beau spleen post-partum !"

Quels sont les facteurs déclencheurs du spleen post-partum ?

Julie : "Dans tout ce que j'ai pu compulser, on retrouve toujours les mêmes facteurs déclencheurs de la dépression post natale. Il y a déjà tous les changements stressants dans la vie courante : déménagement, changement d'horaires de travail… Physiquement, il faut accepter les changements de son corps et les hormones qui s'affolent, ce qui est d'autant moins évident si le père n'est pas là en renfort, en soutenant toujours la mère.

Le soutien du père est indispensable, tout comme celui de l'entourage proche. Si la mère donne des signes de faiblesse, de faible estime de soi, de léthargie… alors les proches ont un rôle capital de soutien absolu.

Cette maladie est trop souvent sous-estimée et si rien n'est fait, les conséquences peuvent être délétères sur l'enfant. La dépression réduit les interactions entre la mère et son nourrisson et peut nuire au développement du lien d'attachement entre les deux. Dans le pire des cas, le développement affectif, social et cognitif peut être sévèrement impacté."

Comment traiter le spleen post-partum ?

Jade : "La première chose indispensable pour se débarrasser au plus vite de cette maladie incommodante, c'est de reconnaître qu'on est malade et le faire le plus rapidement possible. Plus tôt une dépression est reconnue, plus vite elle est soignée.

L'une des filles que j'ai interviewée pour ce dossier me racontait qu'elle a passé deux mois à tourner en rond dans sa tête, ne trouvant aucune solution. Par hasard, elle a rencontré une copine qui avait vécu ça deux ans plus tôt. Le diagnostic a été vite fait ! La jeune mère s'est reprise en main et a décidé d'aller voir un psy. En trois séances, soit en moins d'un mois, le problème était réglé.

Sinon, il n'y a pas de recette miracle. Tout doit être fait pour retrouver le sens de la vie. Il faut s'accepter physiquement, car le corps a forcément changé à la suite de l'accouchement. C'est le moment de prendre soin de soi, de se bichonner, de prendre du bon temps

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Vous pouvez faire des activités seule pour respirer un peu, mais aussi avec votre bébé pour créer ce lien indéfectible entre une mère et son enfant.

Une reprise du sport en douceur, après en avoir parlé avec la sage femme aide, grâce à la production d'endorphine. 

Faites-vous aider par le père et par vos proches. Apprenez à déléguer sinon vous risquez l'épuisement."

Julie : "En parlant du père, il faut tout de même dire que lui aussi est touché par le spleen post-partum ! Les statistiques disent que 7% des hommes sont sujets à la dépression dans les trois premiers mois de l'enfant et 25% dans les trois à six mois. Ensuite, les chiffres baissent nettement.

Alors, il faut espérer que les deux parents ne soient pas en phase sur ce sujet ! Si le cas se présente et que les deux parents sont en dépression, il est urgent de consulter un médecin sans attendre les conséquences sur le développement du nourrisson."

 


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